On est d'abord séduit par son « regard rieur ». On est ensuite impressionné par la formidable énergie qu'il dégage. Enfin on admire sa générosité et son ouverture d'esprit qui animent ses réflexions sur l'art et la nécessité de peindre.
Le 7 octobre 1962 Guérineau ouvre les yeux sur un monde « où il n’a pas sa place », condamné par l’ordre médical à les refermer à tout jamais. Quelques semaines plus tard, tous crient au miracle et s’en est un.
Dès lors, Guérineau imprégné de la souffrance infligée à ses parents évolue avec force, spontanéité dans tout ce qu’il entreprend. C’est l’art qui passionne Guérineau au détriment de ses études. Il passera 10 ans chez un artiste peintre Roger Olivier, qui lui enseignera tout sans aucune difficulté, compte tenu de ses prédispositions artistiques. A l’aube de ses 17 ans, son maitre disparaitra, c’est alors que Guerineau ira « trainer ses guêtres » de portraitiste à Montmartre pendant 3 ans où il entretiendra une forte relation avec des artistes espagnols qu’il suivra dans leur pays natal.
Là-bas, il s’enrichira de leur culture et mettra sa force artistique dans l’expression de la tauromachie. C’est là qu’il accordera sa palette et trouvera l’influence de son expressionisme.
Guérineau commence alors à mettre en œuvre son énergie et sa spontanéité lors d’évènements artistiques pour se livrer à des performances.
De toile en toile, il couche ses émotions toujours en quête de la puissance extérieure. Tout en approfondissant son travail, il se trouve confronté à un sentiment de dualité : il lui faut maintenant capter la spiritualité du monde intérieur. Ce travail donne alors naissance à la série de ses tableaux dans lesquels apparaissent des vanités.
Les personnages de Guerineau nous offrent une danse macabre et mettent en exergue le caractère grotesque de l'existence souvent synonyme de souffrance dans une veine volontairement morbide, aux silhouettes décharnées, pour nous renvoyer à nos propres questions sur le sens à donner aux choses. Au niveau chromatique, il reste fidèle à sa palette réduite aux couleurs primaires brutes, comme le furent souvent celles de Kirchner et des artistes de Die Brücke où le rouge prédomine le plus souvent.
L’œuvre de Guérineau est à la rencontre des mondes de toujours, ceux de la nuit des temps qui portent le souffle des grandes inspirations. L’artiste crée sur les souffrances et les incompréhensions d’une vie qui chaque jour hantent son esprit.
Guérineau impose sa vision en quête de vérité par une radiographie de l'âme au travers de ces êtres inquiétants qui fuient la masse de couleur juxtaposée par la vivacité de la touche sur la toile. Il ne cherche plus à magnifier le corps humain comme à l'époque du Portraitiste qu'il était mais s'attaque à quelque chose de plus profond, à faire surgir l'âme de chacun d'entre nous où la chair ne serait qu'un ajout superficiel et embarrassant. Nous sommes ainsi confrontés à une mise à nu libératrice de nous-mêmes.
Cet expressionnisme se traduit avec évidence comme un accouchement, une renaissance, un miroir refletant nos propres questionnements.
Pascal Guerineau a reçu différentes distinctions :
« Prix du Public » du salon artistique d’Issy les Moulineaux, Paris 2000
« Médaille d’Or du Salon des Amis de Montmartre », Paris 2002
« Médaille d’Argent des créateurs du siècle » Salon Art Inter, Dijon 2003
« Toile d’Or » de l’association de la culture française, Paris 2003