Gatel Corinne

est née en 1966 à Clermont Ferrand en Auvergne où elle a grandi.

Corinne Gatel dessine et peint sans relâche depuis l’enfance. Dès les premiers coups de crayon, elle est attirée par la matière humaine : les visages, les corps, leur expression et le mouvement. D’aussi loin qu'elle se souvienne, la nécessité de créer des images plus belles que la réalité l’a toujours habitée. Enfant, on la complimentait sur ses « œuvres » comme autant de délicieuses preuves d’amour. Elle fût marquée au collège par une visite du Musée du Prado à Madrid : « je me souviens du « Jardin des Délices » de Jérôme Bosch comme de l’absolue révélation du merveilleux de l’imagination. Je ramenai de cette visite à ma mère une reproduction de trois mètres sur deux du tableau de Goya, les fusillés du «El tres de mayo», qui m’était apparue un sublime manifeste de la liberté opprimée. »

A l’âge où l’on choisit un métier, la société et le spectre du chômage l’orientent vers une voie classique, loin de sa passion pour les formes et les couleurs.
Ce n’est qu’à la maturité qu’elle décide d’abandonner sa raisonnable activité professionnelle pour se consacrer à sa rage de créer. Elle aime travailler simultanément sur plusieurs émotions. Elle se promène entre des sous-bois japonisants aux sensations apaisantes. Elle les transcrit sur toile de lin avec des collages, encre de chine, pastels...En parallèle, elle travaille sur des personnages-collages à la veine plus colorée et surréaliste. Ces années d’expression artistique refoulée donnent naissance à la série des tableaux expressionnistes « Les Gorgones ».

Corinne Gatel a reçu une distinction « Prix du Conseil Général » lors de l'exposition de ses toiles en 2009 au Salon de Saint-Laurent Lolmie dans le Lot.

« Les Gorgones » vues par Corinne Gatel.
A la manière du « cri » (d’E. Munch), ses visages féminins de méduses hurlent. La palette chromatique est réduite aux couleurs primaires brutes, comme le furent souvent celles de Kirschner et des artistes de Die Brücke et le rouge prédomine le plus souvent.
Dans « les Gorgones », la trace laissée par le couteau est violente, acérée.
De même, dans les nus de Corinne Gatel, au dessin rapide et spontané, on retrouve sans peine le trait anguleux d’Egon Schiele.
Ces visages grimaçant des gorgones (« Le Cri », « Gorgone rouge », « Black and white gorgone ») paraissent enfin exorciser un long silence, le silence des apparences (« Gorgone en toi », « Le silence de Gorgone »). Cette rupture se lit dans l’audacieuse juxtaposition des couleurs et dans la vivacité de la touche.

Cet expressionisme au féminin se traduit avec évidence comme un accouchement, une renaissance (« Métamorphose »). Cette énergie de procréation habite l’artiste dans son œuvre, comme dans la vie (elle a quatre enfants !).
A la manière des « femmes-serpents » de ses toiles, l’artiste opère sous nos yeux à une mue violente et radicale. Cette mue est symboliquement dangereuse puisque l’œil de « La Gorgone » pétrifie ses ennemis et pourquoi pas elle-même (« Le miroir »).


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